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Chantier de paroles vise à annoncer, discuter, mettre en mémoire, les activités publiques d'un groupe de réflexion qui se réunit à Toulouse, au Vieux Temple, les premiers mercredis de chaque mois, pour débattre et réfléchir.

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Tu me manques... Texte de Christian Ginouvier

Les mercredis du Vieux Temple

Variations sur un thème : le Manque

 

6 octobre 2010 : Tu me manques !

Résumé de l’intervention de Christian Ginouvier : Qui encore me manque ? Dieu, les autres ?…

 

Sans doute n’y a-t-il pas que mes chers disparus qui me manquent. Certes, eux me manquent d’une façon qui m’étreint, qui me prend à la gorge. Mais à part ces chers disparus, sans doute que beaucoup d’autres me manquent également, d’une autre façon, plus diffuse, et moins douloureuse, apparemment.

C’est en pensant à ces autres que je voudrais aborder avec vous le thème : Tu me manques !

_______

 

Parmi ces autres, il y a pour moi les Indiens Onas, autrefois éparpillés en petites tribus tout au long de la Terre de Feu, vivant de peu, cueillette, chasse, pêche ; se déplaçant constamment, se réfugiant sous des abris de fortune ou dans de toute petites cases ; le plus souvent apeurés, se cachant, craignant les attaques des autres tribus, et que les conquérants du Vieux Monde,  eux, ont bien fini par exterminer.

Leur quasi disparition est dommageable pour la cause de l’humanité, son épanouissement, s           a force sa beauté ; c’est à tout jamais un membre amputé de notre grand corps humain…

 

Nous pourrions tout autant évoquer quantité d’autres cas. Pourquoi pas le cas de ceux que nous montrent chaque jour les journaux télévisés, toutes ces victimes de catastrophes naturelles, d’accidents de la vie, ou d’ injustices perpétrées par leurs semblables… Innombrables personnes dont on grossit ou amenuise le nombre comme si chacune n’était pas justement une personne à part entière, innomées personnes la plupart du temps, comme si chacune n’avait pas un nom, une histoire

 

Ceci étant, honnêtement, tous ces autres, me manquent-ils vraiment ? Je ne les connais même pas, je ne sais même pas qui ils étaient ou qui ils sont, ou tellement peu. Sinon quand même qu’ils étaient ou qu’ils sont mes frères et mes sœurs en humanité et que, d’une manière ou d’une autre, leurs souffrances et leurs disparitions précoces et/ou violentes entament notre humanité, l’abîme, la rend continuellement plus incomplète ! Encore une fois, et que nous nous en rendions compte ou non, ils manquent grandement à notre humanité.

_______

 

Parmi tous ces autres qui me/nous manquent, le pasteur que je suis songe aussi au tout autre, à Dieu,

dont les maîtres du soupçon, Nietzsche en tête, ont dit qu’il est mort. Dont on remarque aussi, avec le progrès des sciences que l’on n’a plus vraiment besoin de Lui pour expliquer les énigmes de l’Univers et tous les pourquoi de l’existence… Au point que l’on vie aujourd’hui sans Dieu largement aussi bien que l’on vivait autrefois avec lui…Et même mieux peut-être ! Enfin libérés de son ombre tutélaire, de ses nombreuses assignations : commandements, loi, dogmes, obligations morales…

 

Mais alors, qu’est-ce ce qui me manquerait vraiment, avec la mort de Dieu ?

Eh bien, justement, une certaine dimension de l’altérité, le Tout Autre, l’autre absolument, radicalement autre. C’est-à-dire aussi l’étrange, l’étranger, la part de l’autre la plus éloignée de moi, mais qui est peut-être en moi, également, la plus incompréhensible, et peut-être même la plus inimaginable.

Je remarque à ce propos que, d’après Marc l’évangéliste, le ministère de Jésus commence avec la rencontre d’un malade mental, d’un possédé comme on le disait à l’époque, c’est-à-dire de quelqu’un avec qui il est très difficile, sinon même impossible de s’entretenir. Le bizarre, le fou, autrement dit, la part de moi-même et/ou de notre humanité qui me dérange, à laquelle je préfèrerais rester indifférent.

 

Je dis Dieu, mais me rétorquerez-vous avec raison : vous pourriez aussi bien dire : idée, idéal, impératif, éthique, philosophie, voire sagesse. C’est peut-être vrai. Mais pour moi, et à l’instant ce n’est que moi qui parle comme chacun ne peut parler que pour soi sur ce sujet du manque tellement personnel, Dieu, c’est une Parole,  c’est une façon de parler, voilà !

C’est, en particulier une façon de me parler de l’autre, de tout ce qu’il y a dans l’autre, d’extraordinaire, de beau, d’impensable, de monstrueux aussi, de me parler de tous les autres, et de me parler de tous ces autres comme étant une part de moi-même, une part de notre humanité, une part à considérer, à respecter (à côté de laquelle je ne saurais passer sans y prêter attention).

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F
bonsoir et Merci J'ai fait la curieuse suite a notre rencontre et au conseil d'achat<br /> traces vives de Suzanne schell*<br /> <br /> Le manque me parle beaucoup aussi!<br /> Françoise Payot
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C
Blog(fermaton.over-blog.com), No-11. - THÉORÈME STE-FOY. - La survie de l'Humanité.
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